Refus de visa pour l'artiste Chéri Samba
Les autorités françaises viennent de refuser au peintre Chéri Samba, citoyen de la République démocratique du Congo, le visa dont il a besoin pour honorer la commande d'un "Travel book Louis Vuitton" sur Paris, impliquant la réalisation d'une centaine de dessins "in situ".
Le Quotidien de l'art, le tout nouveau journal en ligne créé par Philippe Régnier et Roxana Azimi nous en informe dans son numéro 2 du 11 Octobre, avec à l'appui du texte de Philippe Régnier répercutant l'indignation de l'artiste et de son commanditaire, une copie du document officiel de refus de visa. Les raisons alléguées sont, en l'occurrence, particulièrement étonnantes : il existerait un "doute quant au but réel du séjour", il y aurait "défaut de preuve de moyens personnels réguliers et suffisants transférables en France", ainsi que "défaut pour la couverture financière pour la durée du séjour". L'artiste qui disposait pourtant de plusieurs lettres d'invitation de la part de Louis Vuitton et de son galeriste, André Magnin, a toutes les raisons de se sentir insulté.
Chéri Samba est un peintre réputé, dont le talent n'a cessé d'être reconnu, notamment à Paris depuis l'exposition des Magiciens de la Terre en 1989. En 2004, La fondation Cartier lui consacrait une rétrospective. En 2010 sa cote était au plus haut: 98 500 dollars en vente publique pour un tableau de 2007, "J'aime la couleur". On peut dès lors se demander quelles preuves d'autres artistes africains moins célèbres, auxquels le Ministère de la Culture ne risque pas de voler au secours, doivent se munir pour obtenir un visa pour la France. Leur serait-il devenu impossible de travailler avec le marché et les institutions françaises?
Voir les oeuvres de l'artiste sur le site de la galerie André Magnin : cliquez ici



