Questions de censure
L’AICA est depuis toujours attentive au respect de la liberté de création. Cet espace est consacré aux prises de position de l’association, en réaction à des faits d’actualités qui portent atteinte à ce droit fondamental.
Emmanuel Saulnier menacé de censure
Écrit par Bureau de l'AICA France
Jeudi, 03 Novembre 2011 16:18 Mise à jour le Jeudi, 22 Décembre 2011 16:27
"VIVRE LIBRE !", l'oeuvre d'Emmanuel Saulnier destinée au futur ministère de la Défense sous la menace d'une censure.
Voir le site du Nouvel Observateur
Refus de visa pour l'artiste Chéri Samba
Écrit par Bureau de l'AICA France
Jeudi, 13 Octobre 2011 10:53 Mise à jour le Mardi, 22 Novembre 2011 18:32
Les autorités françaises viennent de refuser au peintre Chéri Samba, citoyen de la République démocratique du Congo, le visa dont il a besoin pour honorer la commande d'un "Travel book Louis Vuitton" sur Paris, impliquant la réalisation d'une centaine de dessins "in situ".
Le Quotidien de l'art, le tout nouveau journal en ligne créé par Philippe Régnier et Roxana Azimi nous en informe dans son numéro 2 du 11 Octobre, avec à l'appui du texte de Philippe Régnier répercutant l'indignation de l'artiste et de son commanditaire, une copie du document officiel de refus de visa. Les raisons alléguées sont, en l'occurrence, particulièrement étonnantes : il existerait un "doute quant au but réel du séjour", il y aurait "défaut de preuve de moyens personnels réguliers et suffisants transférables en France", ainsi que "défaut pour la couverture financière pour la durée du séjour". L'artiste qui disposait pourtant de plusieurs lettres d'invitation de la part de Louis Vuitton et de son galeriste, André Magnin, a toutes les raisons de se sentir insulté.
Chéri Samba est un peintre réputé, dont le talent n'a cessé d'être reconnu, notamment à Paris depuis l'exposition des Magiciens de la Terre en 1989. En 2004, La fondation Cartier lui consacrait une rétrospective. En 2010 sa cote était au plus haut: 98 500 dollars en vente publique pour un tableau de 2007, "J'aime la couleur". On peut dès lors se demander quelles preuves d'autres artistes africains moins célèbres, auxquels le Ministère de la Culture ne risque pas de voler au secours, doivent se munir pour obtenir un visa pour la France. Leur serait-il devenu impossible de travailler avec le marché et les institutions françaises?
Voir les oeuvres de l'artiste sur le site de la galerie André Magnin : cliquez ici
Ai Weiwei raconte les conditions de sa détention par les autorités chinoises
Écrit par Bureau de l'AICA France
Vendredi, 16 Septembre 2011 12:26
Après trois mois d’emprisonnement dans un lieu resté secret et une large mobilisation de la communauté internationale pour sa libération, l’artiste chinois Ai Weiwei a finalement été relâché par les autorités de son pays. Au cours d’un entretien accordé au New York Times en Août dernier, il a révélé les conditions de sa captivité : surveillé 24h sur 24 par des agents toujours situés à moins d’un mètre de lui, sans aucune intimité, Ai Weiwei affirme avoir été interrogé plus de cinquante fois par la police chinoise. Il s'agit, selon lui, d'une forme de torture psychologique, "efficace" selon ses propres dires.
Les sculptures d’Aidan Salakhova censurées à la Biennale de Venise
Écrit par Bureau de l'AICA France
Mardi, 12 Juillet 2011 15:55
Deux sculptures de l’artiste russe Aidan Salakhova, « Waiting Bride » (2010-2011) et « Black Stone » (2011), qui étaient exposées dans le pavillon national de l’Azerbaïdjan, ont été dans un premier temps recouvertes de tissus blancs, avant d’être retirées de l’exposition le 8 Juin, à la demande du ministre de la culture azerbaïdjanais . Ces œuvres, évoquant ouvertement la position de la femme dans les sociétés religieuses, ont déplu aux responsables politiques du pays, qui y ont vu une atteinte au prestige national.
Beral Madra, commissaire associé de l’exposition au pavillon d’Azerbaïdjan, souligne dans un communiqué de presse que la Biennale de Venise est avant tout un espace dédié « à une totale liberté d’expression, aux sujets sensibles et à une critique qui ne se fixe pas de limite » et déplore le fait que les pays ne prennent pas plus ce fait en considération avant d’annoncer leur participation.
Voir le communiqué de Beral Madra sur le site de l’AICA internationale : cliquez ici
L'AICA condamne le vandalisme opéré sur l’œuvre “Piss Christ” d’Andres Serrano
Écrit par Bureau de l'AICA France
Jeudi, 21 Avril 2011 17:25
Dimanche 17 Avril 2011, l'oeuvre d'Andres Serrano, Immersion (Piss Christ), a été attaquée par un groupe d'intégristes catholiques à coups de tournevis et de pics à glace, ainsi qu'une autre oeuvre de l'artiste intitulée Soeur Jeanne Myriam. Toutes deux figuraient dans l'exposition "Je crois aux miracles" célébrant les dix ans de la Collection Lambert à Avignon.
Le "Piss Christ", photographie créée en 1987, jouit d'une reconnaissance internationale et compte parmi les oeuvres d'art contemporain les plus discutées. Elle a été notamment montrée en 2008 au Centre Pompidou lors de l'exposition "Traces du sacré", avec d'autres oeuvres interrogeant le sentiment religieux dans l'art des XXe et XXIe siècles, sans soulever l'indignation que l'on constate aujourd'hui.
Pour créer l'oeuvre, l'artiste américain a immergé un crucifix dans sa propre urine. Il en résulte une image nimbée de lumière, paradoxalement sublimée, par un artiste qui affirme sa foi chrétienne.
Plusieurs semaines avant l'agression, le musée était déjà soumis à une forte pression de la part de groupes ultracatholiques : des manifestations, des appels, une pétition. La Collection Lambert a annoncé qu'elle maintiendrait l'exposition ouverte, avec les oeuvres vandalisées.
Voir le communiqué de l'AICA International (EN)
Voir le communiqué de l'Observatoire de la Liberté de Création
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