Questions de censure
L’AICA est depuis toujours attentive au respect de la liberté de création. Cet espace est consacré aux prises de position de l’association, en réaction à des faits d’actualités qui portent atteinte à ce droit fondamental.
L’article 227-24 ou L’amendement Jolibois
L’article 227-24
Nous reproduisons ici un texte de Moebius publié dans le journal Maintenant en mars 1994. Car il reste, malheureusement, d’actualité. Le dessinateur disparu le 10 mars 2012 y réagissait à l’article 227-24 du code pénal, à la demande de Bernard Joubert, journaliste spécialiste des questions de censure. Bernard Joubert est membre de l’Observatoire de la liberté de création (LDH), et auteur du « Dictionnaire des livres et journaux interdits » (Editions du Cercle des Libraires).
Le Grand Afflictif d'Olivier Blanckart indésirable à la Fondation Salomon
Une exposition monographique d’Olivier Blanckart aurait du être inaugurée en mars 2012 à la fondation Salomon (Alex, Haute-Savoie). Elle a été annulée, l’artiste n’admettant pas qu’une de ses pièces: Le Grand afflictif, qu’il avait inscrit dans le parcours soit refusée par le directeur de la fondation Jean-Marc Salomon. Le Grand Afflictif reprend une image médiatisant une affaire criminelle de 2003 : le meurtre d’une famille installée au Grand Bornans, qui se trouve à quelques kilomètres de la fondation. Nous publions ci-dessous un large extrait d’une lettre de Christian Bernard, directeur du MAMCO de Genève où Le grand afflictif a été exposé pour la première fois, à Jean-Marc Salomon, Directeur de la Fondation. Cette lettre n’était pas faite pour être publiée, mais elle a été largement diffusée par Olivier Blanckart. Nous en reprenons de très larges extraits avec l’autorisation de l'auteur, car elle nous parait exemplaire.(G.B.)
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Lettre de Christian Bernard à Jean-Marc Salomon.
Extraits
« (...) Et je crois que cette affaire est malheureuse pour tout le monde. Pour la Fondation qui endosse un mauvais rôle, pour l'artiste qui perd une exposition, un collectionneur et une relation amicale à laquelle il tenait, pour les musées de Toulouse, de Dole et de Genève qui étaient engagés avec toi dans le projet de catalogue. Le dommage est collectif. et, selon la manière dont le milieu de l'art recevra cette affaire, ce dommage s'étendra aux artistes qui exposeront ensuite à la Fondation. ll est toujours dramatique pour une institution dont la raison d'être est de montrer de l'art et donc de soutenir les artistes de se retrouver en conflit avec l'un d'entre eux. Nous sommes au service de l'art et des artistes. Nous devons favoriser leur création et défendre leurs oeuvres contre tout ce qui menace la liberté d'expression. ll peut arriver que l'on soit en désaccord avec certaines oeuvres pour des raisons extra-artistiques. ll faut alors que ces raisons soient solides, argumentées , vérifiables, moralement indiscutables. Par exemple, j'ai refusé des propositions de Carsten Höller (à Nice) ou de Christof Büchel (à Genève) parce qu'elles impliquaient de « faire usage » de personnes réelles en situation que je jugeais d'humiliation et d'exploitation, malgré leur consentement et leur rétribution. Santiago Sierra, qui est aussi un artiste important, est allé très loin dans cette forme d'exploitation spectaculaire. Je ne l'exposerai jamais pour cette raison, quelles que soient ses intentions critiques.
Emmanuel Saulnier menacé de censure

"VIVRE LIBRE !", l'oeuvre d'Emmanuel Saulnier destinée au futur ministère de la Défense sous la menace d'une censure.
Voir le site du Nouvel Observateur
Refus de visa pour l'artiste Chéri Samba
Les autorités françaises viennent de refuser au peintre Chéri Samba, citoyen de la République démocratique du Congo, le visa dont il a besoin pour honorer la commande d'un "Travel book Louis Vuitton" sur Paris, impliquant la réalisation d'une centaine de dessins "in situ".
Le Quotidien de l'art, le tout nouveau journal en ligne créé par Philippe Régnier et Roxana Azimi nous en informe dans son numéro 2 du 11 Octobre, avec à l'appui du texte de Philippe Régnier répercutant l'indignation de l'artiste et de son commanditaire, une copie du document officiel de refus de visa. Les raisons alléguées sont, en l'occurrence, particulièrement étonnantes : il existerait un "doute quant au but réel du séjour", il y aurait "défaut de preuve de moyens personnels réguliers et suffisants transférables en France", ainsi que "défaut pour la couverture financière pour la durée du séjour". L'artiste qui disposait pourtant de plusieurs lettres d'invitation de la part de Louis Vuitton et de son galeriste, André Magnin, a toutes les raisons de se sentir insulté.
Chéri Samba est un peintre réputé, dont le talent n'a cessé d'être reconnu, notamment à Paris depuis l'exposition des Magiciens de la Terre en 1989. En 2004, La fondation Cartier lui consacrait une rétrospective. En 2010 sa cote était au plus haut: 98 500 dollars en vente publique pour un tableau de 2007, "J'aime la couleur". On peut dès lors se demander quelles preuves d'autres artistes africains moins célèbres, auxquels le Ministère de la Culture ne risque pas de voler au secours, doivent se munir pour obtenir un visa pour la France. Leur serait-il devenu impossible de travailler avec le marché et les institutions françaises?
Voir les oeuvres de l'artiste sur le site de la galerie André Magnin : cliquez ici
Ai Weiwei raconte les conditions de sa détention par les autorités chinoises
Après trois mois d’emprisonnement dans un lieu resté secret et une large mobilisation de la communauté internationale pour sa libération, l’artiste chinois Ai Weiwei a finalement été relâché par les autorités de son pays. Au cours d’un entretien accordé au New York Times en Août dernier, il a révélé les conditions de sa captivité : surveillé 24h sur 24 par des agents toujours situés à moins d’un mètre de lui, sans aucune intimité, Ai Weiwei affirme avoir été interrogé plus de cinquante fois par la police chinoise. Il s'agit, selon lui, d'une forme de torture psychologique, "efficace" selon ses propres dires.
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