Historique
L’Association internationale des critiques d’art a été fondée en 1950 à la suite de deux congrès internationaux de critiques et d’historiens d’art au siège de l’UNESCO à Paris en 1948 et 1949 et elle est devenue une ONG en 1951. Il est de tradition que le siège de l’association internationale soit à Paris, proche de celui de l’UNESCO, et que le secrétaire général soit un membre de la section française. Se sont succédés à ce poste Simone Gille-Delafon, Guy Weelen, Raoul-Jean Moulin, Hélène Lassalle, Léone de la Granville, Marie-Claude Volfin et, depuis 1997, Ramon-Tio Bellido (à la fin de son mandat de président d’AICA-France).
En 1972 le président de la section française de l’AICA, Georges Boudaille, fait de la section une association française selon la loi de 1901 sous le nom d’AICA-France, avec des statuts propres.
La France été très présente dans les débuts du développement de l’AICA, en raison du lieu de sa création et de l’action de grandes figures de l’histoire de l’art qui l’ont animée, comme Raymond Cogniat qui organisa le premier congrès de 1947, ou Jacques Lassaigne, président de la section Française. Elle a accueilli de nombreux congrès de l’AICA et servi parfois de repli, lorsque le contexte politique ne permettait pas à une section nationale d’organiser, comme prévu, le congrès international annuel dans son pays. Ce fut le cas en 1981 (au lieu de Santiago du Chili) et en 2001 (et non pas Abidjan en guerre).
Le premier congrès français a lieu en 1965 à Paris. A Bordeaux en 1968, l’AICA élargit sa réflexion et sa compétence à d’autres domaines que l’écrit. Le thème Art et télévision, ouvre les débats sur le monde contemporain. Le congrès de 1972 à Paris développe le sujet : La critique d’art, rapports avec la presse écrite et la télévision. Il est l’écho d’une vaste enquête lancée par l’AICA sous l’impulsion de son président international René Berger (1970-1975), l’un des premiers théoriciens des nouveaux media, en collaboration avec le Conseil de l’Europe, et qui aboutit en 1972 à une rencontre entre représentants de l’AICA et responsables de l’ORTF et en 1976, par la programmation de projections à Paris (qui se tiendront au Centre Georges Pompidou après son ouverture en 1977) et à Bordeaux, dans le cadre du festival Sigma. AICA-France s’attache particulièrement à cette question. En 1982 son président Jacques Leenhardt (qui allait devenir président international de 1991 à 1996), obtient la coopération de CAMERA (Conseil Audiovisuel Mondial pour l’Edition et la Recherche sur l’Art) et le CICT (le Conseil International et de la Télévision de l’UNESCO). Avec leur participation, il organise le congrès international de l’AICA à Sofia Antipolis, et son colloque La fonction de la critique d’art à l’âge des medias.
Les chantiers de l’AICA-France
L’autre chantier de l’AICA-France sont les archives de la critique d’art. Ce thème était un sujet central dans les discusions des congrès fondateurs de l’AICA. Dès 1963 Sven Sandström, de la section suédoise, publie un Bulletin international des archives de l’art contemporain (AICARC Bulletin) et en 1973 l’UNESCO accorde une subvention annuelle à son projet AICARC, répertoire des centres de documentation et archives de l’art moderne. l’AICA-France pour sa part s’associe au projet ambitieux d’un centre d’archives spécifique. Jean-Marc Poinsot crée en 1989 Les Archives de la Critique d’art, avec le soutien de l’Université de Rennes. Installées à Chateaugiron, dans les locaux du FRAC-Bretagne, Les Archives de la Critique d’art sont un centre de collecte, de traitement, de consultation et de diffusion des fonds que critiques d’art et parfois institutions leur versent et qui restent à leur nom (les archives de l’AICA y sont déposées). Une publication, Bulletin des Archives de la critique d’art, rend compte de l’actualité et un site internet permet la consultation en ligne (www. archivcriticart.org/). Le lancement du projet puis l’inauguration des locaux sont l’occasion de manifestations en étroite coopération avec l’AICA-France et son président Ramon Tio Bellido. En 1991 une rencontre est organisée entre critiques et éditeurs, édition et critique d’art et en 1992, un colloque, Idées et figures de la critique en Europe En 1996, piloté par Ramon Tio Bellido et Jean-Marc Poinsot, le XXXeme congrès international de l’AICA a lieu à Rennes sur le thèmes des archives : Quelle mémoire pour l’art contemporain ?
Le dernier chantier d’AICA-France est la défense du droit d’auteur. Avec l’assistance d’avocats spécialisés, et à l’initiative de Christophe Domino, d’abord secrétaire général sous la présidence de Catherine Francblin puis président à son tour, des rencontres d’information et des débats sont organisés régulièrement autour de ce problème récurrent et toujours d’actualité, plus particulièrement en relation avec les débats nombreux suscités par la préparation et la promulgation d’une nouvelle loi au printemps 2006. Droit d’auteur et critique d’art, publié en 2003 par AICA-Press, expose les interventions d’une journée de débats et d’information tenue le 12 octobre 2002.
AICA-France est membre du CIPAC, Congrès interprofessionnel de l’art contemporain (www.cipac.net/), association qui réunit en France les professionnels des différents milieux de l’art contemporain.
A l’automne, le congrès 2006 de l’AICA se tient à Paris sous la responsabilité du bureau parisien de l’AICA avec le soutien de la section francaise. Dans le souci toujours présent de mener une réflexion sur les dernières évolutions de la critique d’art, des conditions de son exercice et de ses enjeux, le colloque a pour thème Nouveaux modes d’évaluation critique.
Présidents et secrétaires généraux de l’AICA-France depuis 1970
- Georges Boudaille, président, et Jean-Jacques Lévêque, secrétaire général (1971-1976)
- Dora Vallier, présidente, et Marie-Claude Volfin, secrétaire générale (1977-1980)
- Jacques Leenhardt, président, et Hélène Lassalle secrétaire générale (1981- 1984)
- Jacques Leenhardt, président, et Valérie Brière, secrétaire générale ( 1985-1990)
- Ramon Tio Bellido, président, et Anne Dagbert, secrétaire générale (1991-1996)
- Catherine Francblin, présidente, et Christophe Domino, secrétaire général (1997-2003)
- Christophe Domino, président, et Emmanuel Hermange, secrétaire général, (2003- 2005)
- Christophe Domino, président, et Jean-Marc Huitorel, secrétaire général, (2006- 2009)
- Geneviève Breerette, présidente, et Pascal Beausse, secrétaire général (2009)
Bibliographie
- R. Bellido et alii, Histoires de 50 ans de l’Association Internationale des Critiques d’art / AICA, Paris, AICA-Press, 2002
- J.M. Poinsot, R. Tio Bellido et alii, Quelles mémoires pour l’art contemporain ? , Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1997
- C. Domino et alii, Droit d’auteur et critique d’art, Paris, AICA-Press, 2003
Cet historique a été réalisé par Hélène Lassalle